La maladie éphémère
La maladie éphémère.
J’étais installée à la terrasse
d’un café, assise sur une chaise rouge, la brise d’été caressait mes cheveux
dorés et mon visage bronzé. Mon amie Jade, était assise en face de moi,
sirotant une limonade. Nous bavardions de la journée passée, lorsque soudain, je l’aperçus. Une écorchure
sur un mot, un contre sens, une blague et la voilà qui s’installe à notre
table.
La maladie. Une maladie, qui vous
attaque précipitamment, sans que vous vous y attendiez. La maladie est
contagieuse, c’est un virus qui s’attrape à deux.
Il s’attrape d’un coup, un moment
d’inattention et il vous engouffre. Il commence en petite vague et se
transforme en ouragan. Les poumons se gonflent et le souffle se coupe.
L’estomac se noue, les muscles se contractent.
Et à ce moment précis, le temps semble s’arrêter, il semble suspendu, à
l’agonie. L’adrénaline s’active. Le cœur s’accélère, il tambourine dans la cage
thoracique, il compresse les poumons et repend un « boum » rapide et
régulier dans le corps. Le cerveau se brouille, il est désormais incapable de
réfléchir et d’établir un résonnement rationnel. C’est trop tard vous êtes
atteint par cette maladie éphémère. Les joues se gonflent et s’empourprent,
puis, les yeux versent des larmes chaudes et luisantes sur les pommettes en
feu. Il n’existe aucun remède pour ce
type d’attaque. Mais le pire, c’est que plus vous riez, plus la folie
s’installe dans vos veines, la folie s’ancre en vous comme un poison mortel. Ne
regardez plus votre partenaire car ses yeux brillants de malice vous font replonger
dans cet abîme profond. Les rires résonnent en chœur et forment une jolie
symphonie, une subtile mélodie et une délicieuse harmonie.
Cependant, c’est une douleur
agréable, une maladie apaisante. Le temps parait infiniment long ce qui
accentue le sentiment de plénitude dans l’organisme. Le cœur, lui sautille de
bonheur, il frémit dans son enclos, danse avec allégresse. Les larmes qui coulent sont des larmes de
joie. Et puis, peu importe si vous semblez ridicules car seul le fou rire est
capable de vous emporter très loin de l’instant présent, lui seul peut vous
faire voyager et lui seul permet d’oublier juste pour un instant, les ennuis de
la vie.
Mais, peu à peu le cœur ralentit,
la respiration reprend, le cerveau revient à la raison, les joues perdent de
leur éclat, les larmes sèchent et le temps reprend son allure de grand galop.
Alors, ce petit moment de plaisir ne devient qu’une parenthèse dans la journée,
il ne devient qu’un lointain souvenir, un point dans le fil de la vie. Je
n’aurais donc, qu’une chose à ajouter : profitez de ces fous rires qui
vous remplissent le cœur de sentiments heureux et qui vous évadent un instant
du moment présent. Dès que vous les apercevez, savourez-les comme des entremets
de chef étoilé.
Jade et moi nous nous souviendrons,
de ce 4 juillet, jour où la maladie du fou rire nous a fait perdre la raison.

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